Au Néolithique, la production alimentaire transforme progressivement l’occupation des milieux et les relations entre communautés humaines et espèces vivantes. Ce processus commence au Proche-Orient au cours du Xe millénaire avant notre ère, puis se développe de manière indépendante dans d’autres foyers, notamment en Chine et dans certaines régions des Amériques. Le terme de « révolution », popularisé par l’archéologue Vere Gordon Childe, souligne l’ampleur des changements, sans signifier qu’ils auraient été soudains. Selon les régions, plusieurs millénaires séparent les premières expérimentations agricoles de la généralisation de modes de vie fondés sur l’élevage et les cultures.
La domestication des plantes et des animaux modifie profondément l’occupation de l’espace. Cultiver demande de préparer le sol, de sélectionner des semences, de protéger les récoltes et souvent de rester à proximité des terres exploitées. Des villages se développent, les réserves alimentaires deviennent essentielles, tandis que les communautés aménagent les paysages environnants. Au Levant, des établissements comme Jéricho témoignent d’une évolution ancienne et complexe de l’habitat. L’Europe connaît une diffusion progressive de l’agriculture à partir du VIIe millénaire avant notre ère, en empruntant notamment les voies méditerranéenne et danubienne. La transition agricole s’étale sur des millénaires et prend des formes différentes selon les régions. Elle ne doit pas être interprétée comme une amélioration instantanée et universelle des conditions de vie des communautés humaines.
La révolution néolithique marque une intensification des transformations humaines des milieux, sans instaurer partout les mêmes formes d’agriculture ni les mêmes rythmes de sédentarisation. Les communautés gagnent en capacité de production et de stockage, mais deviennent aussi plus dépendantes de certaines espèces et de la réussite des récoltes. Défrichements, sélection biologique et aménagement de l’eau inscrivent désormais leur activité dans des paysages durablement remodelés. Le Néolithique constitue ainsi une étape majeure de l’histoire environnementale, dont les effets restent différenciés selon les régions.
