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FICHE 90

La forêt française face au changement climatique : adapter la gestion d’une ressource de long terme

Explorer ce thème dans le cours : Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert

Adapter une forêt au changement climatique suppose d’anticiper des conditions futures incertaines alors que les arbres vivent plusieurs décennies. L’augmentation des températures, les sécheresses et les modifications du régime des précipitations affectent la croissance et la mortalité de certains arbres. En France, des épisodes de dépérissement touchent notamment des peuplements déjà fragilisés par le manque d’eau et des organismes ravageurs. Les forestiers doivent donc préparer des massifs capables de résister à des conditions différentes de celles qui prévalaient lors de leur installation.

Plusieurs orientations sont discutées : favoriser la diversité des essences et des âges, conserver des sols fonctionnels, faciliter la régénération et expérimenter des espèces ou des provenances adaptées aux climats futurs. Aucune solution ne garantit partout les mêmes résultats. Le choix d’essences supposées résistantes peut comporter des incertitudes écologiques, tandis que le maintien de peuplements existants peut présenter des avantages pour la biodiversité et le stockage du carbone. La production de bois doit également prendre en compte les évolutions des marchés, les besoins en matériaux et la capacité de renouvellement de la ressource. L’adaptation peut demander de diversifier les peuplements, de surveiller les dépérissements et de revoir les calendriers de gestion. Mais le choix d’essences mieux adaptées reste incertain, car les climats futurs et les interactions écologiques ne sont pas connus avec précision.

La forêt constitue à la fois une ressource menacée par le changement climatique et un élément des politiques d’atténuation, grâce au carbone qu’elle stocke dans les arbres et les sols. Ces fonctions ne progressent pas nécessairement ensemble : les prélèvements, les incendies et les dépérissements modifient les bilans de carbone. Les forestiers doivent choisir aujourd’hui des modes de gestion dont les résultats ne seront pleinement visibles que dans plusieurs décennies. L’adaptation suppose donc une diversification raisonnée, un suivi scientifique et la capacité de réviser les décisions à mesure que les connaissances évoluent.