Au XIXe siècle, les Landes de Gascogne connaissent une transformation d’une ampleur exceptionnelle, portée par l’assainissement des sols et la plantation de pins. La région n’est pas dépourvue de forêts, mais son paysage diffère profondément des vastes peuplements de pins maritimes qui la caractérisent aujourd’hui. Plusieurs acteurs souhaitent améliorer le drainage, stabiliser les sols et accroître la production de résine et de bois. L’aménagement du territoire repose alors sur l’idée qu’un milieu jugé peu productif peut être transformé par l’action publique et l’investissement privé.
La loi du 19 juin 1857 relative à l’assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne accélère cette mutation, notamment en imposant des travaux aux communes concernées. Le développement du drainage, des réseaux de circulation et des plantations de pins favorise l’expansion d’une sylviculture orientée vers la commercialisation. Les usages pastoraux traditionnels reculent à mesure que la forêt cultivée progresse. Cette transformation contribue à l’essor d’activités liées à la résine, puis au bois et à ses dérivés, mais modifie profondément les rapports sociaux et les équilibres écologiques de la région. Le développement du pin maritime répond à des objectifs d’assainissement, de fixation des sols et d’exploitation résinière ou forestière. Ce paysage productif est un milieu profondément aménagé, dont la spécialisation entraîne aussi des vulnérabilités.
L’aménagement des Landes crée un vaste espace de production forestière et contribue à restructurer les activités locales. L’importance du pin maritime modifie les habitats, les usages traditionnels et les équilibres écologiques ; elle expose aussi le territoire à des risques spécifiques, notamment les incendies et les tempêtes. Le paysage actuel ne peut donc être décrit comme une forêt originelle simplement protégée. Il est le résultat d’une intervention humaine prolongée, destinée à valoriser des sols et à développer des activités économiques selon les priorités d’une époque.
