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FICHE 87

Forêts publiques et forêts privées en France : des droits de propriété aux responsabilités collectives

Explorer ce thème dans le cours : Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert

En France, la plus grande partie de la surface forestière métropolitaine appartient à des propriétaires privés, ce qui complique l’élaboration de politiques communes. D’après les chiffres publiés par le ministère de l’Agriculture en 2025, environ 75 % de la surface forestière métropolitaine appartient à des propriétaires privés ; les forêts des collectivités représentent près de 16 % et celles de l’État environ 9 %. Cette répartition interdit d’assimiler la politique forestière à la seule action de l’Office national des forêts. La gestion des milieux dépend aussi de millions de décisions individuelles, de règles foncières et de dispositifs d’accompagnement.

Les forêts publiques sont soumises à un encadrement particulier visant à concilier leurs différentes fonctions. Dans les propriétés privées, la fragmentation des parcelles complique parfois la planification des coupes et le renouvellement des peuplements. Les plans et documents de gestion durable, ainsi que l’action des organismes de conseil forestier, cherchent à améliorer la cohérence des pratiques. La propriété privée n’implique donc pas une liberté totale d’exploitation ; inversement, le statut public ne signifie pas que toute intervention sylvicole soit exclue. La protection se construit à travers des instruments juridiques, des incitations et des obligations variables. Le morcellement foncier rend coûteux certains travaux et complique la coordination à l’échelle des massifs. Les politiques forestières doivent donc articuler droits de propriété, incitations économiques et enjeux écologiques qui dépassent chaque parcelle.

La propriété privée majoritaire n’empêche pas de considérer la forêt comme un milieu d’intérêt collectif. La protection des sols, la biodiversité et le stockage du carbone bénéficient à des populations bien plus larges que les seuls propriétaires. Les instruments publics doivent toutefois respecter les droits fonciers et tenir compte des coûts de gestion supportés localement. Les regroupements, les documents de gestion et les aides peuvent faciliter la coordination à l’échelle des massifs. La gouvernance forestière repose ainsi sur l’articulation de droits individuels et de fonctions écologiques communes.