Depuis 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat permet aux gouvernements de disposer de synthèses collectives des connaissances scientifiques. Son apparition répond à une difficulté politique : les travaux sur le réchauffement se multiplient, mais les gouvernements ont besoin d’une évaluation partagée des connaissances scientifiques. Le GIEC ne mène pas directement d’expériences et ne produit pas lui-même la totalité des recherches utilisées. Il examine la littérature scientifique publiée afin de présenter l’état des savoirs, les incertitudes et les conséquences possibles des différentes trajectoires d’émissions.
Le premier rapport d’évaluation, publié en 1990, contribue à établir un diagnostic international dans la perspective des négociations climatiques. Les rapports suivants accompagnent l’évolution de la connaissance et des politiques publiques. Les travaux sont organisés en plusieurs grands ensembles portant sur les bases physiques du changement climatique, ses impacts et les possibilités d’atténuation. Les auteurs, issus de nombreux pays, travaillent selon des procédures de relecture et de discussion. Les résumés destinés aux décideurs sont approuvés dans le cadre d’un processus intergouvernemental, ce qui facilite leur appropriation politique tout en soulevant des questions sur l’articulation entre expertise et négociation diplomatique.
Le GIEC ne mène pas lui-même de campagnes d’observation ou d’expériences : il évalue les publications scientifiques disponibles et rend compte des niveaux de confiance associés aux conclusions. Les gouvernements participent à l’approbation des résumés destinés aux décideurs, sans pouvoir remplacer arbitrairement les résultats des travaux évalués. Cette méthode facilite l’élaboration d’un diagnostic partagé tout en laissant aux États la responsabilité de choisir leurs politiques. La coopération scientifique est ainsi distincte de la négociation diplomatique, même si les deux processus s’influencent dans la gouvernance climatique.
