Chaque année ou presque, les conférences des parties à la Convention climatique réunissent des États aux intérêts économiques et aux responsabilités historiques très différents. La première se tient à Berlin en 1995, après l’entrée en vigueur de la Convention. Elles permettent de suivre l’application des décisions précédentes, de négocier de nouveaux engagements et d’organiser la coopération sur la réduction des émissions, l’adaptation et les financements. Depuis l’accord de Paris, les discussions se déroulent également dans le cadre de la réunion des parties à cet accord, selon des procédures institutionnelles liées mais distinctes. Chaque pays dispose d’intérêts nationaux qui influencent les compromis recherchés.
Les délégations négocient avec l’appui de groupes régionaux et politiques, d’experts et du secrétariat de la Convention. L’Union européenne négocie souvent collectivement sur de nombreux points, tandis que de petits États insulaires insistent sur les risques liés à l’élévation du niveau marin. Les pays exportateurs d’hydrocarbures, les grandes puissances industrielles et les États vulnérables ne défendent pas toujours les mêmes priorités. Les décisions formelles sont généralement recherchées par consensus, ce qui accroît la légitimité des textes acceptés mais peut conduire à des formulations prudentes. Les ONG, scientifiques et entreprises exercent une influence par leurs analyses et leurs plaidoyers, sans disposer du même pouvoir de décision que les États.
La règle du consensus, centrale dans les négociations climatiques, favorise la légitimité d’accords acceptés par tous, mais peut aussi ralentir les décisions. Les COP abordent des questions très différentes : réduction des émissions, adaptation, soutien financier, transparence ou pertes et préjudices. Les annonces médiatiques ne doivent donc pas être confondues avec des obligations juridiques nouvelles ni avec des résultats déjà obtenus. Le système climatique international fonctionne comme une négociation permanente, dont les décisions dépendent ensuite d’administrations nationales, d’investissements privés et de compromis politiques internes.
