Réunie à Stockholm en juin 1972, la première grande conférence des Nations unies consacrée à l’environnement humain place durablement ce sujet à l’agenda diplomatique. Elle constitue la première grande réunion mondiale organisée sous l’égide de l’ONU pour faire de l’environnement un objet central de coopération internationale. L’événement s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les pollutions industrielles, l’utilisation des pesticides et la dégradation de certains milieux. Il intervient également alors que les relations entre pays industrialisés et pays en développement sont marquées par d’importantes inégalités économiques. Les gouvernements ne partagent donc ni les mêmes priorités ni les mêmes responsabilités.
Les délégations adoptent une déclaration de vingt-six principes ainsi qu’un plan d’action formulant de nombreuses recommandations. Elle favorise la création du Programme des Nations unies pour l’environnement, chargé de soutenir la coopération et la connaissance scientifique. Stockholm constitue un tournant institutionnel : les nuisances jusque-là considérées principalement comme locales ou nationales deviennent progressivement des questions internationales. Les débats portent aussi sur la souveraineté des États, leur droit de développer leurs ressources et leur responsabilité de ne pas causer de dommages environnementaux au-delà de leurs frontières.
Stockholm ne débouche ni sur des objectifs climatiques chiffrés ni sur un gouvernement mondial de l’environnement. La conférence favorise toutefois la naissance du Programme des Nations unies pour l’environnement et donne davantage de visibilité aux enjeux de pollution et de conservation. Les désaccords sur les priorités de développement apparaissent déjà : de nombreux États refusent que les préoccupations des pays industrialisés entravent leur croissance. Ce débat structure encore les relations internationales environnementales, où la définition d’objectifs communs ne suffit jamais à régler la répartition des efforts.
