Après le 11 septembre, l’Irak de Saddam Hussein revient au centre de la stratégie américaine. Le régime a utilisé des armes chimiques dans les années 1980, a été condamné après l’invasion du Koweït et demeure soumis à des obligations de désarmement. L’administration Bush affirme qu’un Irak susceptible de reconstituer des armes de destruction massive représente un risque intolérable dans un monde où des réseaux terroristes pourraient chercher de telles capacités. Le lien entre Saddam Hussein et les attentats du 11 septembre n’est cependant pas établi.
Le 8 novembre 2002, le Conseil de sécurité adopte à l’unanimité la résolution 1441, qui offre à l’Irak une « dernière possibilité » de se conformer à ses obligations et rétablit un régime renforcé d’inspections. Les inspecteurs dirigés par Hans Blix et Mohamed ElBaradei reprennent leur travail. Washington et Londres considèrent bientôt que Bagdad ne coopère pas suffisamment ; la France, l’Allemagne, la Russie et plusieurs autres États estiment au contraire que les inspections doivent se poursuivre et qu’une nouvelle résolution serait nécessaire pour autoriser explicitement la force.
Faute d’accord au Conseil de sécurité, les États-Unis, le Royaume-Uni et leurs alliés lancent l’invasion le 20 mars 2003. La crise ne porte donc pas seulement sur Saddam Hussein : elle oppose deux conceptions de l’usage de la force, de l’évaluation du risque et du rôle des institutions multilatérales. La division laissera une trace durable dans les relations transatlantiques.
