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FICHE 50 / 238

Les armes de destruction massive : le renseignement au cœur de la justification de la guerre

La principale justification publique de l’intervention de 2003 repose sur l’affirmation que l’Irak conserve ou reconstitue des programmes d’armes chimiques, biologiques et peut-être nucléaires. Cette inquiétude n’est pas inventée de toutes pièces : Saddam Hussein a effectivement utilisé des armes chimiques contre l’Iran et contre les Kurdes irakiens, et l’Irak a dissimulé certains programmes aux inspecteurs dans les années 1990. La question en 2002-2003 est pourtant différente : dispose-t-il encore de stocks opérationnels significatifs ?

Les services occidentaux interprètent plusieurs informations ambiguës dans le sens le plus alarmant. Des tubes d’aluminium sont associés par certains analystes à un programme nucléaire ; des renseignements sur des laboratoires biologiques mobiles sont jugés crédibles ; l’accusation d’une tentative d’achat d’uranium au Niger s’appuie en partie sur des documents falsifiés. Le 5 février 2003, Colin Powell présente devant le Conseil de sécurité un dossier censé démontrer les violations irakiennes. Une grande partie de ces affirmations ne résistera pas aux enquêtes ultérieures.

L’Iraq Survey Group conclut en 2004 que les stocks recherchés n’existent pas et que les principaux programmes avaient été démantelés ou interrompus après 1991, même si Saddam Hussein entretenait une stratégie d’ambiguïté. L’épisode constitue donc un échec majeur du renseignement et de son utilisation politique : l’incertitude a été transformée en certitude publique au moment où cette certitude servait une décision de guerre. Le rapport final de l’Iraq Survey Group en 2004 confirme l’absence des stocks d’armes de destruction massive qui avaient constitué l’un des principaux arguments de l’invasion.