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FICHE 58 / 238

De l’unipolarité américaine à la contestation de l’hégémonie des États-Unis

La guerre d’Irak ne met pas instantanément fin à la supériorité américaine, mais elle en révèle le coût. Les dépenses militaires augmentent, les forces terrestres sont fortement sollicitées et l’image des États-Unis se dégrade dans de nombreuses régions. L’absence d’armes de destruction massive fragilise la crédibilité du renseignement et du discours de Washington. L’hyperpuissance reste capable de renverser rapidement un régime ; elle ne peut imposer à faible coût l’ordre politique qui doit lui succéder.

Au même moment, l’environnement international change. La Chine connaît une croissance rapide, accumule des réserves financières et modernise son armée. La Russie profite de la hausse des prix des hydrocarbures et, sous Vladimir Poutine, adopte une politique étrangère plus affirmée. L’Union européenne s’élargit en 2004. La crise financière de 2008, née aux États-Unis, accélère encore le déplacement relatif du poids économique vers l’Asie et nourrit la critique du modèle financier occidental.

Il faut donc parler d’érosion relative plutôt que de disparition de l’hégémonie. Les États-Unis conservent le premier réseau d’alliances, des forces militaires globales, le rôle central du dollar et une capacité d’innovation exceptionnelle. Ce qui disparaît progressivement est l’idée, dominante dans les années 1990, qu’aucune puissance ou combinaison d’acteurs ne puisse durablement contester les préférences américaines. La crise financière de 2008 et la montée économique chinoise accentuent ensuite une érosion relative déjà engagée par le coût politique et budgétaire des guerres d’Afghanistan et d’Irak.