NavigationRetour à l’espace fiches
FICHE 155 / 238

L’espace Schengen : construire une Europe sans frontières intérieures

L’accord de Schengen est signé en 1985 par cinq États, puis complété par la convention de 1990. Sa mise en œuvre effective commence en 1995. Il vise à supprimer les contrôles systématiques aux frontières intérieures des pays participants tout en renforçant la coopération policière, judiciaire et le contrôle des frontières extérieures.

Schengen ne se confond pas exactement avec l’Union européenne : certains États de l’UE n’y participent pas pleinement, tandis que des pays non membres, comme la Suisse ou la Norvège, en font partie. La suppression des contrôles facilite les déplacements quotidiens, le tourisme, le commerce et le travail transfrontalier. Elle donne une réalité concrète à l’idée d’un espace européen intégré.

Cette liberté dépend toutefois de la confiance mutuelle. Une défaillance perçue dans la gestion des frontières extérieures ou une menace sécuritaire peut conduire au rétablissement temporaire de contrôles internes. Les crises migratoires, le terrorisme ou la pandémie de Covid-19 ont montré cette fragilité. Schengen illustre donc une logique fondamentale de l’Union : supprimer une frontière nationale suppose de construire des instruments communs capables d’exercer collectivement certaines fonctions de souveraineté. Schengen associe ainsi suppression des contrôles intérieurs et renforcement de la coopération aux frontières extérieures, notamment par des règles communes de visa et des outils policiers partagés.