Les guerres de Yougoslavie révèlent dans les années 1990 la faiblesse de l’Europe politique. Après les conflits, l’Union européenne fait de l’intégration régionale un instrument de stabilisation. La Slovénie entre en 2004 et la Croatie en 2013, tandis que les autres États des Balkans occidentaux reçoivent progressivement une perspective d’adhésion.
Cette politique associe aide économique, réforme de l’État, coopération régionale et conditionnalité démocratique. La relation entre Serbie et Kosovo demeure un obstacle majeur, tout comme les divisions internes de la Bosnie-Herzégovine. L’Union utilise donc la perspective d’adhésion comme levier pour encourager des compromis qui ne seraient pas obtenus par la seule diplomatie classique.
Le processus est cependant lent. Les sociétés de la région peuvent se lasser d’une adhésion repoussée, tandis que la Russie, la Chine, la Turquie ou les pays du Golfe développent également leur influence. Les Balkans constituent ainsi un test de crédibilité : l’Union a promis que la pacification des années 1990 déboucherait sur une intégration progressive, mais cette promesse n’est pas encore pleinement réalisée. La lenteur du processus nourrit en retour une fatigue de l’élargissement dans la région comme au sein de l’Union.
