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FICHE 26 / 238

L’ONU face au génocide des Tutsi : les conséquences de l’inaction internationale

La Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda, la MINUAR, est créée en octobre 1993 pour accompagner l’application des accords d’Arusha. Son commandant, le général canadien Roméo Dallaire, alerte en janvier 1994 le siège de l’ONU sur des informations concernant des caches d’armes et des préparatifs de massacres. Son mandat reste pourtant centré sur le maintien de la paix et ne lui donne pas les moyens d’imposer un règlement par la force.

Après le déclenchement du génocide et l’assassinat de dix Casques bleus belges le 7 avril, la Belgique retire son contingent. Le Conseil de sécurité réduit le 21 avril les effectifs de la MINUAR d’environ 2 500 à 270 militaires, au moment où les massacres s’intensifient. Une nouvelle force, la MINUAR II, est autorisée en mai, mais son déploiement est lent. Les États membres refusent largement d’engager rapidement des troupes dans une opération qu’ils jugent risquée après l’échec américain en Somalie.

L’échec est donc moins celui d’une absence totale d’information que d’une absence de volonté politique. Les grandes puissances évitent longtemps d’utiliser le terme de génocide, qui aurait accru la pression pour agir. Le Rwanda devient ensuite un cas central dans la réflexion sur la protection internationale des populations menacées. La réduction de la MINUAR le 21 avril 1994 est particulièrement révélatrice : elle intervient alors que le caractère massif et organisé des massacres est déjà perceptible.