Le service militaire obligatoire constitue pendant une grande partie du XXe siècle un élément central du modèle de défense français. Après la guerre froide, les besoins changent. Les opérations extérieures exigent des unités disponibles rapidement, entraînées et projetables, tandis que la menace d’une invasion massive du territoire européen paraît moins probable. Jacques Chirac annonce le 22 février 1996 la professionnalisation des armées.
La réforme est mise en œuvre par la loi du 28 octobre 1997, qui suspend progressivement la conscription. Les derniers appelés terminent leur service au début des années 2000. L’armée réduit ses effectifs et recrute davantage de militaires professionnels. La Journée d’appel de préparation à la défense, devenue ensuite Journée défense et citoyenneté, maintient un lien symbolique entre jeunesse et défense nationale.
Cette transformation améliore la capacité de projection extérieure de la France, visible dans les Balkans, en Afghanistan, en Afrique ou au Sahel. Elle modifie aussi le rapport entre armée et société : la majorité des citoyens n’a plus d’expérience militaire directe. La professionnalisation répond donc à une évolution stratégique, mais elle ouvre un débat durable sur la cohésion nationale, la réserve et la connaissance des enjeux de défense par la population. La réforme suspend juridiquement l’appel sous les drapeaux plutôt qu’elle n’abolit définitivement la conscription, distinction qui permet théoriquement sa réactivation par la loi en cas de besoin majeur.
