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FICHE 223 / 238

La France et la guerre d’Irak de 2003 : défendre le multilatéralisme face aux États-Unis

En 2002-2003, la France ne conteste pas la dangerosité du régime de Saddam Hussein ni l’obligation pour l’Irak de respecter les résolutions de l’ONU. Elle soutient la résolution 1441 du Conseil de sécurité, adoptée à l’unanimité le 8 novembre 2002, qui renforce les inspections sur les armes de destruction massive. Paris refuse toutefois de considérer ce texte comme une autorisation automatique de guerre.

Jacques Chirac et Dominique de Villepin défendent la poursuite des inspections et menacent de s’opposer à une nouvelle résolution autorisant l’usage de la force si les inspecteurs disposent encore de temps utile. La France se retrouve aux côtés de l’Allemagne et de la Russie face aux États-Unis et au Royaume-Uni. Washington et Londres lancent finalement l’invasion en mars 2003 sans second mandat explicite du Conseil de sécurité.

Le refus français est parfois présenté comme un geste antiaméricain ; il relève surtout d’une conception du multilatéralisme et de la légalité internationale. La crise provoque une forte tension transatlantique, mais la coopération antiterroriste entre Paris et Washington continue. L’évolution ultérieure de l’Irak renforce a posteriori l’argument français sur les risques d’une intervention mal préparée, sans signifier que toutes les hypothèses françaises étaient nécessairement exactes.

L’opposition française à la guerre ne remet pas en cause l’alliance avec les États-Unis : la coopération antiterroriste et militaire se poursuit, ce qui distingue désaccord stratégique et rupture diplomatique.