La Stratégie de sécurité nationale publiée par l’administration Bush en septembre 2002 formalise plusieurs idées apparues après le 11 septembre. Face à des groupes terroristes et à des États susceptibles d’acquérir des armes de destruction massive, Washington affirme qu’il ne peut toujours attendre qu’une menace devienne imminente. Le texte utilise le vocabulaire de la préemption, traditionnellement associé à une attaque imminente, mais l’élargit à des situations qui relèvent souvent davantage de la guerre préventive.
La doctrine associe cette logique à la promotion de la démocratie et à la possibilité d’agir avec des coalitions limitées lorsque les institutions internationales paraissent incapables de répondre. L’administration considère que certains régimes autoritaires produisent instabilité et terrorisme ; leur transformation politique pourrait donc améliorer la sécurité internationale. L’Irak devient le principal terrain d’application de cette vision en 2003.
Qualifier la doctrine Bush d’unilatérale demande néanmoins une nuance. Washington recherche des alliés, sollicite des résolutions de l’ONU et construit des coalitions ; il refuse surtout de reconnaître aux institutions multilatérales un droit de veto politique sur ce qu’il définit comme sa sécurité essentielle. Cette conception suscite une forte opposition parce qu’elle affaiblit la distinction entre défense contre une menace imminente et guerre destinée à empêcher une menace future hypothétique.
