La fin de la guerre froide aurait pu remettre en cause la force de frappe française, conçue dans un contexte de confrontation Est-Ouest. Les gouvernements successifs choisissent au contraire de maintenir la dissuasion en l’adaptant. La doctrine repose sur la capacité à infliger à tout adversaire étatique des dommages jugés inacceptables, afin de prévenir une attaque contre les intérêts vitaux de la France.
Jacques Chirac décide en 1995 une dernière campagne d’essais nucléaires dans le Pacifique avant leur arrêt définitif en 1996. La France signe ensuite le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. L’arsenal est réduit et modernisé autour de deux composantes : sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et forces aériennes. Paris défend une doctrine de « stricte suffisance », c’est-à-dire un arsenal limité au niveau considéré comme nécessaire à la crédibilité de la menace.
La dissuasion reste un symbole majeur de souveraineté stratégique. Elle garantit une capacité ultime indépendante, même au sein de l’OTAN. Ses critiques soulignent son coût, les risques de prolifération et la difficulté morale d’une doctrine fondée sur la menace de destruction. Son maintien montre toutefois qu’après 1991 les États européens ne considèrent pas la guerre entre grandes puissances comme définitivement impossible. La dernière campagne d’essais français se termine en janvier 1996 ; la signature du Traité d’interdiction complète des essais en septembre inscrit ensuite la modernisation de l’arsenal dans un contexte de non-prolifération renforcée.
