Yitzhak Rabin et Yasser Arafat arrivent au processus de paix par des trajectoires presque opposées. Rabin, ancien chef d’état-major et Premier ministre travailliste, demeure profondément attaché à la sécurité d’Israël. Arafat, dirigeant historique de l’OLP, a construit sa légitimité dans le mouvement national palestinien et la lutte contre Israël. Leur rapprochement n’est donc pas une conversion à une vision commune, mais la reconnaissance pragmatique qu’aucun des deux camps ne peut atteindre seul ses objectifs fondamentaux.
La première Intifada depuis 1987 a montré le coût politique de l’occupation ; la guerre du Golfe et la fin de l’URSS ont affaibli l’OLP et modifié l’environnement diplomatique. Rabin accepte un partenaire qu’Israël avait longtemps refusé de reconnaître, tandis qu’Arafat renonce à la stratégie consistant à nier la légitimité de l’État israélien. Shimon Peres joue également un rôle central dans l’ouverture du canal d’Oslo. Les trois hommes reçoivent le prix Nobel de la paix en 1994.
Leur capacité à imposer le compromis reste cependant limitée. Le Hamas rejette Oslo et poursuit des attentats ; une partie de la droite israélienne condamne les concessions territoriales. Arafat peine à construire des institutions palestiniennes transparentes et à contrôler tous les groupes armés. Rabin doit simultanément défendre le processus et rassurer une société préoccupée par la sécurité. Leur relation personnelle facilite le dialogue sans pouvoir supprimer les oppositions internes qui fragilisent l’accord. Le prix Nobel de la paix attribué en 1994 à Rabin, Peres et Arafat symbolise l’espoir suscité par Oslo, alors même que les questions territoriales les plus difficiles restent différées.
