Le 24 décembre 1979, l’Armée rouge intervient massivement en Afghanistan. Depuis la révolution communiste d’avril 1978, le Parti démocratique populaire d’Afghanistan tente de transformer brutalement une société rurale et rencontre une insurrection croissante. Moscou craint l’effondrement d’un régime allié à sa frontière méridionale. Dans la nuit du 27 décembre, les forces soviétiques éliminent le dirigeant Hafizullah Amin et installent Babrak Karmal, jugé plus fiable.
L’intervention transforme une crise afghane en conflit international. Les moudjahidines, divisés en nombreux groupes, reçoivent des soutiens du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de la Chine et surtout des États-Unis. Washington accroît progressivement son aide clandestine, notamment après 1985. L’armée soviétique contrôle les grandes villes et les axes essentiels, sans parvenir à détruire des guérillas capables de se disperser dans les montagnes et de s’appuyer sur des sanctuaires pakistanais. Le conflit provoque d’importants déplacements de population et plusieurs millions d’Afghans se réfugient au Pakistan ou en Iran. L’aide américaine clandestine existe dès le début des années 1980 ; sa sophistication augmente ensuite, notamment avec la livraison de missiles antiaériens Stinger à partir de 1986.
Pour l’URSS, la guerre est militairement et politiquement coûteuse sans être, à elle seule, la cause de son effondrement. Gorbatchev qualifie le conflit de « plaie sanglante » et décide d’en sortir. Les accords de Genève sont signés le 14 avril 1988 ; le retrait soviétique s’achève le 15 février 1989. L’épisode détériore l’image internationale de Moscou, alourdit les charges du régime et montre qu’une superpuissance peut disposer d’une force militaire considérable sans réussir à imposer durablement un ordre politique local.
