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FICHE 66 / 80

La révolution de Velours : en quelques semaines, la mobilisation civique met fin au monopole communiste en Tchécoslovaquie

En Tchécoslovaquie, le régime issu de la « normalisation » qui a suivi l’écrasement du Printemps de Prague en 1968 semble encore solide au début de 1989. Une opposition intellectuelle existe autour de la Charte 77 et de Václav Havel, mais elle reste minoritaire et surveillée. L’effondrement des régimes voisins change rapidement les conditions politiques. Le 17 novembre, la répression d’une manifestation étudiante à Prague déclenche une mobilisation beaucoup plus large.

Le Forum civique, créé autour de Havel, coordonne les revendications en Bohême et en Moravie, tandis que le mouvement Public contre la violence joue un rôle comparable en Slovaquie. Les manifestations de la place Venceslas rassemblent des centaines de milliers de personnes. Une grève générale de deux heures, le 27 novembre, montre que le Parti communiste ne peut plus compter sur la passivité de la société. Le 29 novembre, l’Assemblée fédérale supprime de la Constitution la garantie du rôle dirigeant du Parti communiste. La transition se déroule sans affrontement militaire majeur, d’où l’expression de « révolution de Velours ».

La rapidité de la transition tient à la combinaison d’une mobilisation populaire, d’une opposition capable de négocier et de la certitude que l’Union soviétique n’interviendra pas. Alexander Dubček, figure de 1968, devient président de l’Assemblée fédérale le 28 décembre ; Havel est élu président de la République le 29. La révolution relie ainsi deux générations de contestation et referme symboliquement la séquence ouverte par l’intervention soviétique de 1968.