Depuis les années 1990, les grandes métropoles françaises concentrent une part croissante des emplois qualifiés, des fonctions de commandement, des universités, de la recherche et des services à forte valeur ajoutée. Paris domine très largement, mais Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lille ou Montpellier connaissent également une forte attractivité. Cette métropolisation accompagne la mondialisation : les entreprises recherchent des marchés du travail denses, des infrastructures et des réseaux internationaux.
Le phénomène produit toutefois des effets ambivalents. Les métropoles créent des emplois et diffusent une partie de leur richesse vers d’autres territoires, mais elles connaissent aussi hausse du prix du logement, ségrégation sociale et congestion. Les espaces périurbains gagnent des habitants mais deviennent souvent dépendants de l’automobile. Certaines villes moyennes ou zones rurales se sentent éloignées des centres de décision et des services supérieurs, même si leurs trajectoires sont très diverses.
La métropolisation ne doit donc pas être résumée à une opposition entre « France gagnante » des grandes villes et « France perdante » des périphéries. Les interdépendances sont nombreuses : navettes domicile-travail, transferts publics, tourisme, chaînes logistiques. L’enjeu historique tient plutôt à la recomposition des hiérarchies territoriales et à la perception croissante d’un écart entre lieux de croissance et lieux de relégation. La métropolisation n’oppose pas mécaniquement métropoles gagnantes et périphéries perdantes : transferts sociaux, mobilités résidentielles et économies touristiques redistribuent une partie des revenus entre territoires.
