Depuis les années 1990, la famille française se diversifie. Le mariage recule comme passage obligatoire à la vie de couple, tandis que le concubinage et le PACS se diffusent. Les naissances hors mariage deviennent majoritaires. Les séparations sont plus fréquentes et les familles monoparentales ou recomposées plus nombreuses. Cette évolution ne signifie pas la disparition de la famille, mais la pluralisation de ses formes.
Le droit accompagne progressivement ces changements. Le PACS est créé en 1999, le mariage est ouvert aux couples de même sexe en 2013 et l’autorité parentale est davantage pensée autour de l’égalité des parents. Les politiques publiques doivent aussi s’adapter à la monoparentalité, à la garde alternée ou à la pauvreté de certaines familles. Le vieillissement de la population renforce en parallèle le rôle des solidarités intergénérationnelles.
Ces transformations sont liées à l’individualisation des choix de vie, à l’autonomie économique croissante des femmes et à la diffusion de nouvelles normes affectives. Elles ne suppriment pas les inégalités : les séparations ont des coûts économiques différents selon le sexe et le revenu. La famille contemporaine apparaît donc moins comme une institution uniforme que comme un ensemble de liens plus négociés, mais toujours fortement structurants. La progression des unions libres, des familles recomposées et de la monoparentalité traduit une pluralisation des trajectoires familiales plutôt qu’un effacement de la famille comme institution sociale.
