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FICHE 74 / 80

1979 : le Système monétaire européen cherche à stabiliser les monnaies européennes après les désordres de l’après-Bretton Woods

La disparition des taux de change fixes de Bretton Woods expose les économies européennes à de fortes fluctuations monétaires. Une première réponse, le « serpent monétaire européen » créé en 1972, peine à maintenir ensemble des pays confrontés à des inflations et à des politiques économiques divergentes. À la fin des années 1970, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt relancent le projet. Le Système monétaire européen entre en vigueur le 13 mars 1979.

Son mécanisme central est le mécanisme de change européen. Les monnaies participantes doivent rester dans des marges de fluctuation déterminées autour de cours pivots ; les banques centrales interviennent lorsqu’une monnaie s’en éloigne trop. L’ECU, unité de compte fondée sur un panier de monnaies, sert de référence sans être une monnaie utilisée quotidiennement par le public. Les parités peuvent être réajustées : le système est donc fixe mais ajustable, et non une union monétaire complète. Le mécanisme repose sur l’ECU, unité de compte fondée sur un panier de monnaies, et sur des marges de fluctuation autour de cours pivots. Le Royaume-Uni participe au SME mais reste initialement en dehors du mécanisme de change, distinction importante pour comprendre la portée réelle du dispositif.

Dans la pratique, le deutsche mark et la Bundesbank occupent progressivement une place dominante en raison de la crédibilité anti-inflationniste de l’Allemagne. Pour rester dans le mécanisme, les autres pays sont incités à rapprocher leurs politiques monétaires de celle de Bonn. Après plusieurs réalignements au début des années 1980, la stabilité des changes s’améliore. Le SME crée ainsi une discipline monétaire européenne qui facilite plus tard le passage vers l’Union économique et monétaire, même si les crises de change de 1992-1993 montreront les limites du dispositif.