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FICHE 46 / 60

Shoah et génocide des Roms et Sinti : deux persécutions dans l’ordre racial nazi

Explorer ce thème dans le cours : Les lieux de mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes

Le génocide des Juifs d’Europe et celui des Roms et Sinti sont perpétrés par l’Allemagne nazie et ses alliés dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale. Ils procèdent d’une vision raciste qui prétend classer biologiquement les populations, exclut les personnes désignées du corps social puis organise leur destruction. Environ six millions de Juifs sont assassinés. Pour les Roms et Sinti, les archives sont plus fragmentaires et les définitions de population variables ; les estimations les plus souvent retenues se situent entre deux cent mille et cinq cent mille victimes.

Les deux persécutions s’inscrivent dans le même ordre racial nazi sans suivre une chronologie ni une administration parfaitement identiques. La destruction des Juifs d’Europe devient un objectif continental systématique, mis en œuvre par les fusillades de masse, les déportations, les centres de mise à mort, la famine imposée et le travail forcé. Les Roms et Sinti subissent internements, déportations, exécutions et politiques meurtrières dont les modalités varient selon les territoires. Leur génocide reste longtemps moins documenté et moins reconnu publiquement.

Le choix des mots compte. « Shoah », terme hébreu signifiant catastrophe, est largement utilisé en France pour le génocide des Juifs ; « Holocaust » domine dans l’espace anglophone. Pour le génocide des Roms et Sinti, « Porajmos » et « Samudaripen » circulent mais ne font pas l’objet d’un accord général parmi les populations concernées et les chercheurs. Le programme scolaire emploie « génocide des Juifs et des Tsiganes » ; le terme Tsiganes est une catégorie historique et administrative englobante, tandis que Roms et Sinti permettent souvent de mieux nommer les groupes. Une écriture rigoureuse signale ces choix au lieu de supposer une identité homogène.