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FICHE 15 / 50

Le fascisme : ultranationalisme, culte du chef, violence politique et projet de régénération nationale

Le fascisme est une idéologie et une pratique politique nées dans l’Europe de l’après-Première Guerre mondiale. Le terme vient du mouvement fondé par Benito Mussolini en Italie en 1919, puis du Parti national fasciste. Les historiens l’emploient aussi, avec prudence, pour désigner une famille de mouvements partageant plusieurs caractéristiques. Le fascisme rejette le libéralisme politique, la démocratie parlementaire, le socialisme marxiste et l’individualisme. Il affirme au contraire la primauté de la nation, conçue comme une communauté organique supérieure aux intérêts particuliers. Cette nation doit être régénérée par l’autorité, la discipline, l’unité et l’action.

Le fascisme valorise la violence politique comme instrument de purification et de conquête. Les militants des « chemises noires » italiennes, puis d’autres mouvements européens, présentent la lutte de rue comme une école de courage et d’obéissance. Le chef occupe une place centrale. Il prétend incarner directement la volonté de la communauté nationale et se situe au-dessus des institutions ordinaires. Le parti de masse, les organisations de jeunesse, la propagande et les rassemblements cherchent à mobiliser la population plutôt qu’à obtenir seulement son obéissance passive. Cette volonté de transformation distingue le fascisme d’un simple conservatisme autoritaire.

Sur le plan social, les fascistes prétendent dépasser la lutte des classes. Le corporatisme doit organiser patrons et travailleurs au service de l’État et de la puissance nationale. En pratique, les syndicats indépendants sont supprimés et les conflits sociaux sont subordonnés aux priorités du régime. L’économie privée peut subsister, à condition de servir les objectifs politiques. Le fascisme n’est donc ni un libéralisme économique cohérent ni un socialisme. Son rapport à l’économie est pragmatique, dominé par la recherche d’autarcie, de réarmement et de puissance.

L’ambition fasciste est également impériale. La guerre est souvent présentée comme une épreuve régénératrice et comme un moyen d’acquérir territoire, prestige et ressources. Il faut pourtant éviter de confondre tous les régimes autoritaires de l’entre-deux-guerres avec le fascisme. Le franquisme espagnol, par exemple, partage certains traits mais s’appuie davantage sur l’armée, l’Église et les conservateurs traditionnels. Le nazisme appartient à la famille fasciste tout en s’en distinguant par la centralité radicale du racisme biologique et de l’antisémitisme exterminateur. Une définition rigoureuse doit donc associer nationalisme révolutionnaire, culte du chef, mobilisation de masse, anti-libéralisme et acceptation de la violence comme principe politique.