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FICHE 17 / 50

L’idéologie nazie : hiérarchie raciale, antisémitisme et conquête d’un « espace vital »

Le nazisme repose sur une conception raciale de l’histoire. Dans Mein Kampf, publié en 1925-1926, Hitler présente les sociétés humaines comme engagées dans une lutte permanente entre races supposées inégales. Les « Aryens », catégorie pseudo-scientifique largement assimilée aux peuples germaniques, seraient selon lui les créateurs de civilisation. Cette vision rejette l’égalité juridique héritée des Lumières. La nation n’est plus définie seulement par la langue, la culture ou la citoyenneté, mais par le « sang ». Le racisme biologique devient donc un principe d’organisation de l’État et justifie l’exclusion de groupes considérés comme étrangers ou « inférieurs ».

L’antisémitisme occupe une place centrale et spécifique. Les Juifs sont présentés simultanément comme responsables du capitalisme financier, du marxisme, de la démocratie parlementaire et de la défaite de 1918. Cette contradiction ne gêne pas la propagande nazie, car elle transforme les Juifs en ennemi absolu capable d’expliquer tous les désordres. Dès 1933, boycott, exclusion de la fonction publique et persécutions réduisent progressivement leurs droits. Les lois de Nuremberg de septembre 1935 retirent aux Juifs la pleine citoyenneté et interdisent notamment les mariages entre Juifs et personnes considérées comme « de sang allemand ». La discrimination devient ainsi juridiquement structurée.

Le projet racial s’étend au-delà de l’antisémitisme. Les nazis persécutent les Roms et Sintés, les personnes handicapées, les homosexuels, ainsi que d’autres groupes classés comme « asociaux » ou politiquement dangereux. Le programme d’euthanasie dit Aktion T4, lancé pendant la guerre, organise le meurtre de personnes handicapées au nom de l’« hygiène raciale ». Cette politique montre le passage d’une logique d’exclusion à une logique de mise à mort étatique. La médecine, la statistique et la bureaucratie sont détournées pour donner une apparence scientifique à des catégories raciales sans fondement.

Le racisme est enfin lié à l’expansion territoriale. Hitler revendique un Lebensraum, un « espace vital », principalement à l’Est, où les populations slaves doivent être dominées, déplacées ou exploitées afin d’assurer la puissance allemande. La conquête de l’Europe orientale devient donc à la fois un objectif géopolitique et un projet racial. Cette articulation est essentielle pour comprendre la radicalisation de la guerre après 1941. Le nazisme n’est pas seulement une dictature nationaliste. Il organise un État dont la citoyenneté, la politique sociale, la répression et l’expansion militaire sont subordonnées à une hiérarchie raciale prétendument naturelle.