Ancien ministre de l’Économie de François Hollande, Emmanuel Macron fonde En Marche ! en avril 2016 puis se présente à l’élection présidentielle sans l’appui d’un des deux grands partis de gouvernement traditionnels. Le contexte lui est favorable : François Fillon est fragilisé par une affaire judiciaire, le Parti socialiste sort divisé de la primaire de gauche et Marine Le Pen consolide le Front national comme force de second tour. Macron arrive en tête le 23 avril 2017 avec 24 % des voix.
Le 7 mai, il est élu président avec 66,1 % des suffrages exprimés face à Marine Le Pen. Aux élections législatives de juin, La République en marche et ses alliés obtiennent une large majorité. Pour la première fois sous la Ve République, ni le Parti socialiste ni la droite gaulliste ne structurent directement l’exécutif. Macron revendique un dépassement du clivage gauche-droite et agrège des responsables venus des deux camps autour d’un programme libéral sur le plan économique et pro-européen.
L’élection de 2017 ne fait pas disparaître les anciennes sensibilités idéologiques, mais elle recompose leur traduction partisane. Un nouvel axe oppose davantage un bloc central pro-européen à des oppositions national-populistes, radicales ou protestataires. La stabilité de cette recomposition reste cependant incertaine, comme le montrent les faibles enracinements locaux du nouveau parti et la persistance d’une forte abstention. Le second tour de 2017 oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen, consacrant la marginalisation électorale simultanée des candidats socialiste et républicain dans une présidentielle de la Ve République.
