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Nicolas Sarkozy : présidentialisation, réformes et réponse à la crise de 2008

Élu président le 6 mai 2007 avec 53,1 % des voix face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy revendique une « rupture » avec les pratiques antérieures. Son style très interventionniste renforce la personnalisation du pouvoir exécutif. Le gouvernement de François Fillon lance plusieurs réformes : loi sur l’autonomie des universités, défiscalisation des heures supplémentaires, réforme des retraites de 2010 portant progressivement l’âge légal de 60 à 62 ans et révision constitutionnelle de 2008, qui renforce certains pouvoirs du Parlement tout en maintenant un exécutif puissant.

La crise financière mondiale modifie profondément le quinquennat. Après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, l’État garantit le financement bancaire, soutient l’activité et accepte une forte dégradation des comptes publics pour éviter une récession plus grave. Sarkozy joue aussi un rôle dans la coordination européenne et au G20. Cette intervention contraste avec la rhétorique initiale de réduction du rôle de l’État : la crise rappelle que les gouvernements libéraux peuvent mobiliser massivement la puissance publique lorsque le système financier est menacé.

Le quinquennat est également marqué par des débats sur l’immigration, l’identité nationale et la sécurité. Battu en 2012, Sarkozy laisse une droite plus présidentialisée et davantage concurrencée sur sa droite par le Front national. Son mandat illustre la tension entre volontarisme politique et contraintes économiques internationales. La crise de 2008 oblige Sarkozy à infléchir son discours économique initial : soutien aux banques, plans de relance et coordination européenne réhabilitent temporairement l’intervention publique.