Depuis 1958, le président de la République est élu pour sept ans. Après les trois expériences de cohabitation, l’idée d’un mandat présidentiel plus court s’impose progressivement. Sous l’impulsion de Valéry Giscard d’Estaing et avec l’accord de Jacques Chirac et Lionel Jospin, une révision constitutionnelle est soumise à référendum le 24 septembre 2000. Le « oui » l’emporte très largement, mais l’abstention dépasse 69 %, révélant le faible investissement populaire dans une réforme pourtant structurante.
La loi constitutionnelle du 2 octobre 2000 réduit le mandat présidentiel à cinq ans. En 2001, le calendrier électoral est inversé : les élections législatives doivent suivre l’élection présidentielle. Le mécanisme tend à donner au nouveau chef de l’État une majorité parlementaire dans la foulée de son élection. À partir de 2002, la concordance des deux mandats devient la norme et réduit fortement le risque de cohabitation.
Le quinquennat modifie donc la pratique de la Ve République plus que l’étendue formelle des pouvoirs présidentiels. La campagne présidentielle devient le moment central de la vie politique et les législatives acquièrent souvent une fonction de confirmation. Cette évolution renforce la présidentialisation du régime et accélère son rythme politique : un mandat plus court laisse moins de temps pour construire une action gouvernementale longue, tout en augmentant la fréquence des campagnes électorales nationales. Le référendum du 24 septembre 2000 approuve le quinquennat à une large majorité des suffrages exprimés, mais avec une abstention exceptionnellement élevée, signe d’une faible mobilisation civique sur la réforme.
