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La fin du second septennat de François Mitterrand : usure politique et recomposition de la gauche

Réélu le 8 mai 1988 face à Jacques Chirac, François Mitterrand entame un second septennat dans un contexte très différent de 1981. La gauche a renoncé à la stratégie de rupture économique, l’intégration européenne devient une priorité et le président cherche une majorité d’ouverture. Michel Rocard dirige le gouvernement jusqu’en 1991 et fait adopter plusieurs réformes durables, dont le revenu minimum d’insertion. La majorité socialiste reste pourtant relative à l’Assemblée nationale, ce qui oblige le gouvernement à rechercher des compromis ou à recourir à l’article 49, alinéa 3.

À partir de 1991, l’environnement se dégrade. La récession de 1992-1993 fait fortement monter le chômage, tandis que plusieurs affaires politico-financières nourrissent une crise de confiance. Édith Cresson puis Pierre Bérégovoy succèdent à Rocard sans enrayer l’affaiblissement de la majorité. Les élections législatives de mars 1993 se traduisent par une défaite historique du Parti socialiste et ouvrent la deuxième cohabitation. Le septennat se termine aussi dans un climat de révélations sur le passé du président, sa santé et certaines pratiques du pouvoir.

Cette fin de règne ne correspond pas seulement à l’usure d’un homme. Elle révèle la transformation de la gauche française : recul du vieux programme de nationalisations, acceptation de l’économie de marché, centralité de l’Europe et difficulté croissante à représenter durablement les classes populaires. La séquence prépare les recompositions politiques des années 1990 et l’émergence d’une gauche de gouvernement davantage sociale-démocrate. La défaite législative de 1993 ouvre la deuxième cohabitation et réduit fortement la capacité présidentielle en politique intérieure, accentuant l’impression d’une fin de règne.