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FICHE 29 / 80

La jeunesse depuis 1968 : nouvelles cultures, nouveaux comportements et contestation des normes

Après 1968, la jeunesse s’impose comme une catégorie sociale et culturelle plus visible. L’allongement des études, la massification de l’enseignement secondaire puis supérieur et l’entrée plus tardive dans la vie professionnelle créent une période de vie plus autonome entre l’enfance et l’âge adulte. Musique, mode, cinéma, presse spécialisée et nouvelles pratiques de loisirs alimentent des références générationnelles qui traversent les frontières occidentales. Les cultures rock puis punk donnent à cette autonomie des langages très différents. La massification scolaire est ici une cause structurelle essentielle : elle concentre davantage de jeunes dans des institutions communes, retarde l’entrée sur le marché du travail et donne une base sociale plus large aux cultures de jeunesse.

L’héritage contestataire de 1968 ne se traduit pas par une mobilisation permanente. Les organisations révolutionnaires déclinent souvent au cours des années 1970, tandis que l’engagement se déplace vers le féminisme, l’antinucléaire, l’écologie, les droits humains ou les mobilisations étudiantes. Les normes d’autorité sont davantage discutées dans la famille, à l’école et dans l’entreprise. Dans le même temps, la jeunesse devient une cible privilégiée des industries culturelles et de la publicité.

À partir du milieu des années 1970, la crise économique assombrit cette autonomie. Le chômage des jeunes augmente, l’accès à l’emploi stable devient plus difficile et les trajectoires d’entrée dans l’âge adulte s’allongent. Une même génération peut donc conjuguer davantage de libertés culturelles et davantage d’incertitudes sociales. Cette tension explique une partie des mobilisations des années 1980 autour de l’éducation, du racisme et de l’insertion professionnelle.