NavigationRetour à l’espace fiches
FICHE 32 / 80

Les mutations du travail : tertiarisation, féminisation et recomposition de l’emploi

Le monde du travail occidental se transforme profondément après 1970. L’emploi industriel cesse de progresser et recule même dans plusieurs pays, tandis que les services gagnent du terrain. Banques, assurances, commerce, santé, éducation, administration et services aux entreprises absorbent une part croissante de la population active. Cette tertiarisation s’accompagne d’une hausse du niveau de qualification, même si de nombreux emplois de service restent peu qualifiés et faiblement rémunérés. Une partie de la tertiarisation est également statistique : des fonctions autrefois réalisées à l’intérieur des entreprises industrielles sont externalisées vers des sociétés de services, sans que leur lien avec la production industrielle disparaisse.

La féminisation constitue une seconde mutation majeure. Les femmes entrent durablement sur le marché du travail, en particulier dans les services, et l’interruption d’activité après le mariage devient moins systématique. Leur présence accrue ne supprime ni les écarts de salaire ni la concentration dans certaines professions. Les transformations productives favorisent aussi le recours à l’intérim, aux contrats courts ou au temps partiel. L’emploi stable demeure dominant dans de nombreux pays, mais ses frontières deviennent moins uniformes.

Le chômage de masse modifie enfin le rapport au travail. Les restructurations industrielles touchent les ouvriers des mines, de la sidérurgie, du textile ou de l’automobile. Les syndicats perdent une partie de leurs bastions historiques, tandis que les métiers de services sont plus dispersés et parfois plus difficiles à organiser. La société salariale ne disparaît donc pas ; elle devient plus hétérogène, plus féminine et davantage polarisée entre qualifications élevées et emplois fragiles.