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FICHE 27 / 80

Les mouvements féministes : égalité juridique, autonomie et transformation des rapports sociaux

Le féminisme connaît un nouvel essor à la fin des années 1960 et pendant les années 1970. Cette « deuxième vague » ne se limite plus à l’égalité civique acquise dans la plupart des démocraties occidentales. Elle porte sur le travail, le contrôle du corps, les violences sexuelles, la division domestique des tâches et les représentations culturelles. Aux États-Unis, le National Organization for Women agit depuis 1966 ; en France, le Mouvement de libération des femmes devient visible à partir de 1970. Les mobilisations prennent des formes multiples, de la manifestation aux groupes de parole.

Les revendications obtiennent des résultats juridiques. Les législations contre les discriminations professionnelles se renforcent, l’accès à la contraception s’élargit et plusieurs pays réforment l’avortement. En France, la loi du 13 juillet 1965 avait déjà permis aux femmes mariées de travailler et d’ouvrir un compte sans l’autorisation du mari ; les années 1970 approfondissent ce mouvement. L’égalité salariale proclamée ne devient pas pour autant une réalité immédiate, et les postes de responsabilité restent très masculins.

La portée du féminisme est aussi culturelle. Il rend politiques des questions longtemps considérées comme privées et impose l’idée que les rapports entre les sexes sont des rapports sociaux susceptibles d’être transformés. Les mouvements restent traversés par des débats sur la classe sociale, la sexualité, la maternité ou la stratégie à adopter. Leur pluralité constitue précisément une part de leur influence durable. Les avancées juridiques n’effacent pas les inégalités de salaire, de carrière ou de partage du travail domestique. Le féminisme des années 1970 transforme à la fois le droit et les catégories permettant de rendre ces inégalités visibles.