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FICHE 164 / 238

La crise de la zone euro : une crise financière transformée en crise politique européenne

Après la crise financière mondiale de 2008, plusieurs États de la zone euro connaissent une forte hausse de leur dette et de leur déficit. En 2009-2010, la révélation de déficits grecs plus élevés qu’annoncé provoque une crise de confiance. Les taux exigés par les investisseurs augmentent, rendant le financement de certains États de plus en plus coûteux.

La crise révèle les faiblesses de l’Union monétaire. Les banques détiennent des dettes publiques nationales, les États peuvent devoir secourir leurs banques et la BCE ne possède initialement pas de mandat politique explicite de prêteur en dernier ressort aux gouvernements. La crainte qu’un pays puisse quitter l’euro alimente une fragmentation financière entre Nord et Sud.

L’Union répond progressivement par des prêts conditionnels, la création du Mécanisme européen de stabilité, un renforcement de la surveillance budgétaire et une union bancaire partielle. Ces réponses sauvent l’intégrité de la monnaie, mais elles produisent des conflits sur l’austérité, la solidarité et la souveraineté. Une crise de dette devient ainsi une crise de légitimité du projet européen. La crise bancaire devient crise des dettes souveraines parce que les États soutiennent leurs systèmes financiers tandis que l’union monétaire reste dépourvue, au départ, d’un budget fédéral et d’un prêteur en dernier ressort pleinement assumé.