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FICHE 168 / 238

La crise migratoire de 2015 : divisions entre États européens

La hausse des arrivées de réfugiés et de migrants en 2015 provoque une crise particulière pour l’Union européenne parce qu’elle touche à la fois l’asile, Schengen et la solidarité entre États membres. L’Allemagne accueille un nombre important de demandeurs d’asile, tandis que la Grèce et l’Italie subissent une forte pression liée à leur position géographique.

La Commission propose un mécanisme de relocalisation, mais plusieurs États d’Europe centrale le refusent. La Hongrie construit une clôture à sa frontière serbe. Des contrôles réapparaissent ponctuellement à l’intérieur de Schengen. L’Union conclut en mars 2016 un accord avec la Turquie afin de réduire les traversées irrégulières vers les îles grecques.

La crise montre que l’Union a intégré la circulation intérieure sans parvenir à construire une politique d’asile pleinement fédérale. Elle nourrit aussi une forte polarisation politique, entre solidarité humanitaire, contrôle des frontières et crainte d’une perte de souveraineté. Les divisions de 2015 auront des effets durables sur les relations entre gouvernements occidentaux et certains États d’Europe centrale. Les divisions portent autant sur le partage de la responsabilité entre États que sur la distinction entre contrôle des frontières, droit d’asile et solidarité envers les réfugiés.