La Grèce devient l’épicentre de la crise européenne en 2010. Incapable de se financer normalement sur les marchés, elle reçoit plusieurs programmes d’aide de ses partenaires européens et du FMI. En échange, Athènes doit adopter des hausses d’impôts, baisses de dépenses, réformes des retraites et transformations du marché du travail.
L’économie grecque connaît une récession extrêmement profonde et un chômage massif. La dette publique, loin de diminuer immédiatement, augmente en proportion du PIB. En 2012, une restructuration impose des pertes importantes aux créanciers privés. Le débat porte sur la responsabilité : politiques budgétaires grecques antérieures, défauts de conception de l’euro et gestion européenne de la crise s’entremêlent.
L’élection de Syriza en janvier 2015 transforme le conflit économique en affrontement politique. Le gouvernement d’Alexis Tsipras organise un référendum rejetant les conditions proposées, puis accepte quelques jours plus tard un nouveau programme pour éviter une sortie de l’euro. L’épisode montre la contrainte particulière d’une démocratie nationale intégrée à une union monétaire dont les décisions dépendent aussi des autres États et institutions. La Grèce reçoit trois programmes d’assistance en 2010, 2012 et 2015 ; le référendum de juillet 2015 montre combien l’ajustement économique devient aussi une crise de légitimité démocratique.
