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FICHE 143 / 238

La crise migratoire européenne de 2015 : frontières, solidarité et divisions politiques

En 2015, plus d’un million de personnes arrivent en Europe par la Méditerranée ou les Balkans, principalement depuis la Syrie, l’Afghanistan et l’Irak. La guerre syrienne joue un rôle central dans cette hausse. Les naufrages en Méditerranée, l’ouverture puis le durcissement de certaines routes et la décision allemande d’accueillir un grand nombre de demandeurs d’asile transforment la question en crise politique européenne.

Le système de Dublin, qui attribue généralement au premier pays d’entrée la responsabilité de la demande d’asile, place une forte pression sur la Grèce et l’Italie. Les États membres s’opposent sur la relocalisation des demandeurs d’asile. Plusieurs pays d’Europe centrale refusent les quotas proposés, tandis que des contrôles temporaires réapparaissent à certaines frontières intérieures de l’espace Schengen.

En mars 2016, l’accord UE-Turquie cherche à réduire les traversées vers les îles grecques. Les arrivées diminuent, mais la crise a déjà profondément marqué la politique européenne. Elle renforce les partis hostiles à l’immigration, révèle la difficulté à partager les responsabilités et montre que la libre circulation intérieure dépend d’une capacité commune à gérer les frontières extérieures. L’année 2015 combine surtout guerre en Syrie, routes méditerranéennes et mouvements secondaires au sein de l’Union ; la réponse européenne débouche notamment sur l’accord UE-Turquie de mars 2016.