NavigationRetour à l’espace fiches
FICHE 32 / 238

Bill Clinton et les États-Unis des années 1990 : puissance économique, mondialisation et interventions extérieures

Élu en novembre 1992, Bill Clinton gouverne les États-Unis de 1993 à 2001 dans un contexte très différent de celui de ses prédécesseurs. L’URSS a disparu, la récession du début des années 1990 s’achève et l’économie américaine profite bientôt de l’essor de l’informatique, de la finance et des services. L’administration Clinton privilégie d’abord les enjeux intérieurs, sans renoncer au leadership international. L’ALENA entre en vigueur le 1er janvier 1994 et l’Organisation mondiale du commerce naît en 1995, deux jalons d’une mondialisation que Washington contribue fortement à organiser.

La politique extérieure de Clinton est souvent résumée par la doctrine d’« engagement et d’élargissement » : maintenir l’engagement américain dans le monde et favoriser l’extension des économies de marché et des régimes démocratiques. Cette ligne ne produit pourtant pas une politique uniforme. Après l’échec somalien de 1993, Washington évite d’intervenir au Rwanda en 1994 ; il joue en revanche un rôle décisif dans la paix en Bosnie en 1995, intervient en Haïti en 1994 et conduit avec l’OTAN la campagne du Kosovo en 1999. Les États-Unis combinent donc diplomatie, sanctions, institutions internationales et force militaire.

Les années Clinton illustrent la force mais aussi l’ambiguïté de l’unipolarité. La croissance américaine, l’innovation technologique et le rayonnement culturel renforcent une puissance sans rival global. Pourtant, les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en août 1998 puis contre l’USS Cole en octobre 2000 signalent l’émergence d’adversaires transnationaux. La prééminence américaine ne suffit déjà plus à rendre le monde prévisible. Les excédents budgétaires fédéraux de la fin des années 1990 renforcent également l’image d’une puissance américaine économiquement sûre d’elle-même au moment où s’étend la mondialisation libérale.