La mer de Chine méridionale concentre des routes commerciales essentielles, des ressources potentielles et plusieurs différends territoriaux. La Chine revendique une grande partie de cet espace à l’intérieur d’une « ligne en neuf traits », tandis que le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et Taïwan possèdent leurs propres revendications. Pékin occupe plusieurs récifs et, à partir des années 2010, transforme certains d’entre eux en îles artificielles dotées d’infrastructures militaires.
Les États-Unis ne revendiquent pas de territoire, mais défendent la liberté de navigation et maintiennent des alliances régionales. En 2016, un tribunal arbitral constitué au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer rejette plusieurs fondements juridiques des revendications chinoises ; Pékin refuse la décision. Le dossier illustre la rencontre entre droit international, stratégie navale et montée en puissance. La Chine cherche à modifier les faits sur le terrain sans déclencher directement une guerre générale.
La stratégie chinoise privilégie souvent des actions graduelles — garde-côtes, construction d’îles, présence administrative — situées sous le seuil d’une guerre ouverte. Cette progression par faits accomplis rend la réponse des autres États plus difficile à calibrer. La sentence arbitrale de juillet 2016, rendue dans une procédure engagée par les Philippines, rejette la base juridique d’une grande partie des revendications chinoises fondées sur la « ligne en neuf traits » ; Pékin la refuse.
