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FICHE 105 / 238

La montée d’une classe moyenne chinoise : croissance économique sans démocratisation

La croissance rapide depuis les années 1990 transforme profondément la société chinoise. Urbanisation, hausse des revenus, accès à la propriété, consommation et enseignement supérieur favorisent l’émergence de groupes sociaux souvent décrits comme une nouvelle classe moyenne. Une partie de cette population bénéficie directement de la stabilité et des opportunités offertes par le régime, même si les inégalités restent importantes entre régions, générations et statuts de résidence.

Dans les théories classiques de la modernisation, l’enrichissement d’une classe moyenne devait favoriser la démocratisation. La trajectoire chinoise contredit au moins à court et moyen terme cette relation mécanique. Le Parti communiste coopte des entrepreneurs, améliore certains services publics et autorise des espaces limités d’expression tout en empêchant l’organisation autonome d’une opposition nationale. Les attentes sociales se déplacent vers la qualité de vie, la pollution, l’immobilier ou la corruption sans nécessairement se transformer en demande collective de changement de régime.

Cette classe moyenne n’est d’ailleurs pas homogène : propriétaires urbains, fonctionnaires, cadres privés et entrepreneurs n’ont ni les mêmes intérêts ni la même relation au Parti. L’étiquette sociologique ne doit donc pas être transformée en acteur politique unique. La progression des revenus s’accompagne d’inégalités régionales et patrimoniales importantes, ce qui interdit d’assimiler mécaniquement formation d’une classe moyenne et homogénéisation sociale.