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FICHE 113 / 238

La rivalité sino-américaine : commerce, technologie, puissance militaire et modèles politiques

Pendant les années 1990 et 2000, Washington espère largement que l’intégration économique de la Chine favorisera son insertion durable dans l’ordre international. À mesure que la puissance chinoise augmente, les domaines de compétition se multiplient : déficit commercial, propriété intellectuelle, subventions, mer de Chine, Taïwan et technologies critiques. Barack Obama annonce un « pivot » vers l’Asie, tandis que Donald Trump déclenche à partir de 2018 une guerre commerciale et impose des restrictions technologiques.

La rivalité dépasse néanmoins le commerce. Elle porte sur les semi-conducteurs, les infrastructures numériques, les normes techniques, les alliances et les modèles de gouvernance. Les deux économies restent fortement interdépendantes, ce qui distingue cette compétition de la guerre froide américano-soviétique. Le risque vient précisément de cette coexistence entre interdépendance et méfiance stratégique. La relation sino-américaine devient progressivement l’un des principaux axes structurant l’ordre international du XXIe siècle.

La compétition se déroule donc dans un système que les deux puissances contribuent ensemble à faire fonctionner. Cette interdépendance augmente le coût d’une rupture complète et explique pourquoi la rivalité combine sanctions ciblées, négociations commerciales et maintien d’importants échanges. La guerre commerciale ouverte en 2018 montre que l’interdépendance n’empêche pas la rivalité : elle déplace une partie de la compétition vers les chaînes technologiques, les normes et les dépendances stratégiques.