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FICHE 103 / 238

La Chine « atelier du monde » : industrialisation, exportations et investissements étrangers

Dans les années 1990 et 2000, la Chine devient un centre majeur de la production manufacturière mondiale. Des entreprises étrangères installent ou sous-traitent des activités dans les régions côtières, attirées par une main-d’œuvre abondante, des infrastructures en amélioration et des politiques favorables à l’investissement. Les zones du delta de la rivière des Perles, de Shanghai et du littoral concentrent usines, ports et réseaux logistiques.

Le modèle ne repose pas seulement sur de faibles salaires. L’État investit massivement dans les transports, l’électricité, l’éducation et les capacités industrielles. Les entreprises chinoises apprennent au contact des chaînes de valeur internationales, tandis que l’exode rural fournit des dizaines de millions de travailleurs migrants. Cette croissance réduit fortement la pauvreté mais crée aussi des inégalités régionales, des tensions sociales et une forte pression environnementale. L’« atelier du monde » est ainsi une étape d’une stratégie d’industrialisation, non une identité économique définitive.

Le système du hukou, qui limite certains droits sociaux des migrants dans leur ville d’accueil, accompagne cette industrialisation en maintenant une main-d’œuvre mobile mais inégalement protégée. La puissance exportatrice repose donc aussi sur des institutions sociales spécifiques.