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FICHE 58 / 68

La base chinoise de Djibouti : première implantation militaire permanente de Pékin à l’étranger

Explorer ce thème dans le cours : DES ENJEUX ÉCONOMIQUES ET GÉOPOLITIQUES CONSIDÉRABLES POUR LA CHINE ET LE RESTE DU MONDE

En 2017, la Chine ouvre à Djibouti ce qu’elle présente comme une base de soutien logistique. Il s’agit de sa première implantation militaire permanente à l’étranger de ce type. Le choix du lieu est géographiquement logique : Djibouti se situe près du détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée de la mer Rouge, sur une route reliant l’océan Indien au canal de Suez. Le pays accueille déjà plusieurs forces étrangères, notamment américaines, françaises et japonaises.

La base soutient d’abord les déploiements chinois dans le golfe d’Aden, où la marine participe depuis 2008 aux opérations antipiraterie. Elle facilite le ravitaillement, l’entretien et le repos des équipages. Elle peut également contribuer aux évacuations de ressortissants et aux opérations de protection des intérêts chinois en Afrique et au Moyen-Orient. Sa création traduit l’élargissement géographique des intérêts de Pékin : une puissance dont les entreprises et citoyens sont présents dans le monde cherche des moyens de les soutenir.

L’installation a néanmoins une portée géopolitique plus large. Elle montre que le principe traditionnel d’une politique chinoise sans réseau de bases à l’étranger s’adapte à la mondialisation de ses intérêts. Pékin insiste sur le caractère logistique et défensif du site, tandis que Washington et d’autres acteurs y voient la possibilité d’une projection militaire plus durable dans l’océan Indien.

Djibouti ne signifie pas que la Chine reproduit déjà le réseau mondial de bases des États-Unis. Une implantation unique ou limitée ne produit pas le même niveau de projection qu’un système d’alliances et de bases accumulé depuis des décennies. Elle marque cependant un changement de seuil : la puissance maritime chinoise n’est plus seulement destinée à agir depuis les côtes nationales.