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FICHE 60 / 68

Le « collier de perles » : concept pertinent ou représentation occidentale de la stratégie chinoise ?

Explorer ce thème dans le cours : DES ENJEUX ÉCONOMIQUES ET GÉOPOLITIQUES CONSIDÉRABLES POUR LA CHINE ET LE RESTE DU MONDE

L’expression « collier de perles » désigne l’idée selon laquelle la Chine constituerait, de la mer de Chine méridionale au Moyen-Orient, une série de ports et points d’appui destinés à sécuriser ses routes maritimes et, éventuellement, à soutenir sa marine. Popularisé dans les milieux stratégiques américains au milieu des années 2000, le terme associe notamment Gwadar, Hambantota ou Kyaukpyu à un possible réseau chinois dans l’océan Indien.

Le concept attire utilement l’attention sur la géographie des investissements portuaires et sur le lien possible entre expansion commerciale et besoins de sécurité. La base de Djibouti montre que certains partenariats peuvent acquérir une fonction militaire, tandis que la dépendance de Pékin aux routes de l’océan Indien rend rationnelle la recherche d’accès logistiques.

Il devient toutefois trompeur lorsqu’il suppose un plan militaire unifié derrière chaque investissement. Les ports concernés ont des statuts et fonctions différents; plusieurs répondent d’abord à des logiques commerciales. Un terminal exploité par une entreprise chinoise n’est pas automatiquement une base navale : l’usage militaire dépend d’accords et de décisions politiques spécifiques.

Le « collier de perles » est donc aussi une représentation géopolitique : il révèle la manière dont l’Inde, les États-Unis ou d’autres acteurs anticipent les intentions chinoises. Utile pour repérer une géographie stratégique, il doit toujours être confronté au statut et à l’usage réel de chaque infrastructure.