La guerre de Sept Ans, de 1756 à 1763, oppose deux grandes coalitions. La Prusse de Frédéric II et la Grande-Bretagne affrontent principalement l’Autriche, la France et la Russie, auxquelles s’ajoutent plusieurs autres puissances. Le conflit résulte de deux ensembles de rivalités qui se superposent. En Europe centrale, l’enjeu principal est la Silésie. L’Autriche souhaite récupérer cette province conquise par la Prusse lors des guerres précédentes. Pour Frédéric II, conserver la Silésie est essentiel au rang de grande puissance que la Prusse cherche à acquérir. Parallèlement, la France et la Grande-Bretagne s’affrontent pour la domination maritime et coloniale. Les combats concernent l’Amérique du Nord, les Antilles, l’Afrique occidentale et l’Inde. La prise de Québec par les Britanniques en 1759 et la capitulation de Montréal en 1760 affaiblissent profondément la présence française au Canada. En Inde, les succès britanniques contribuent à l’extension progressive de l’influence de la Compagnie anglaise des Indes orientales.
La guerre possède donc une dimension mondiale remarquable. Certains historiens ont pu parler d’une « première guerre mondiale ». La formule permet d’insister sur la pluralité des théâtres, mais doit être utilisée avec prudence : les communications restent lentes et les opérations menées sur chaque continent conservent une forte autonomie. Les résultats montrent enfin la diversité des objectifs politiques. En Europe, le traité de Hubertsbourg confirme essentiellement le statu quo et laisse la Silésie à la Prusse. Dans les colonies, le traité de Paris consacre en revanche un important avantage britannique. La guerre de Sept Ans confirme ainsi une idée clausewitzienne majeure : le combat militaire n’est intelligible qu’en fonction du but politique. Frédéric II ne cherche pas à détruire définitivement l’Autriche ; il veut préserver la position de la Prusse. Londres poursuit pour sa part un objectif maritime et colonial beaucoup plus large.
