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Le 11 septembre 2001, des membres d’Al-Qaïda détournent quatre avions de ligne aux États-Unis. Les attaques visent notamment le World Trade Center à New York et le Pentagone près de Washington. D’un point de vue stratégique, la disproportion des moyens est considérable. Al-Qaïda ne possède ni armée conventionnelle capable d’affronter les États-Unis ni territoire comparable à celui d’une puissance étatique. Elle cherche donc à produire un effet politique sans passer par un rapport de force militaire classique. Les cibles choisies possèdent une forte dimension symbolique : puissance économique américaine, puissance militaire et cœur politique du pays. Le terrorisme fonctionne ici comme une stratégie de communication violente. Le résultat recherché dépasse largement les destructions matérielles immédiates. L’objectif consiste à frapper les perceptions, à démontrer une vulnérabilité, à attirer l’attention mondiale et à provoquer une réaction politique.

Le 11 septembre permet également de retrouver la logique clausewitzienne de l’interaction. Une action est conçue en anticipant la réaction de l’adversaire. Mais cette réaction transforme ensuite le conflit de manière que l’auteur initial ne maîtrise pas totalement. Les États-Unis invoquent la légitime défense. L’OTAN active pour la première fois l’article 5 du traité de Washington. Une coalition intervient en Afghanistan en octobre 2001 contre Al-Qaïda et le régime taliban qui lui offre un sanctuaire. Le sanctuaire initial d’Al-Qaïda est rapidement désorganisé. Cependant, le conflit qui suit devient beaucoup plus long que l’opération initiale. Cette évolution illustre une limite fondamentale de toute stratégie de provocation : produire une réaction ne signifie pas contrôler ses conséquences.