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Lorsque commence la guerre de Sept Ans, la Prusse se trouve dans une situation périlleuse. Son territoire est discontinu, sa population est moins nombreuse que celle de plusieurs de ses adversaires et elle doit affronter une coalition comprenant notamment l’Autriche, la Russie et la France. Frédéric II ne peut donc pas se permettre une longue guerre d’usure conduite dans les mêmes conditions que ses adversaires. Sa stratégie vise à exploiter la mobilité, la discipline de son armée et la concentration rapide des forces. Les batailles de Rossbach et de Leuthen, en 1757, deviennent emblématiques de cette méthode. La capacité prussienne à concentrer localement des forces et à prendre l’initiative permet de compenser temporairement une infériorité générale.

Cependant, la réussite militaire ne doit pas être exagérée. La Prusse subit aussi des défaites, connaît une forte pression financière et dépend du soutien britannique. Sa survie tient également aux circonstances diplomatiques. En 1762, la mort de l’impératrice Élisabeth de Russie et l’arrivée au pouvoir de Pierre III entraînent le retrait russe du conflit. Ce retournement, parfois appelé « miracle de la maison de Brandebourg », montre combien le hasard politique peut bouleverser une guerre. Frédéric II illustre donc deux dimensions de la pensée clausewitzienne : la recherche d’une décision par la concentration des forces, mais aussi l’importance de la friction, de l’incertitude et du hasard. Sa réussite finale est surtout politique. Il ne détruit pas ses adversaires : il conserve la Silésie et obtient la confirmation du rang prussien parmi les grandes puissances européennes.