La « bataille d’Alger » de 1957 illustre les dimensions militaire, policière et politique de la guerre. Les réseaux du FLN conduisent des actions clandestines dans la capitale ; les parachutistes français reçoivent de larges pouvoirs pour les démanteler. Les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions deviennent un enjeu historique, moral et politique durable. Une victoire opérationnelle française ne résout pas la question de la souveraineté et contribue à dégrader l’image internationale de la France.
La sortie de guerre repose en grande partie sur l’amnistie. Les accords d’Évian et plusieurs textes français adoptés entre 1962 et 1968 empêchent ou effacent de nombreuses poursuites liées au conflit. Ce choix répond à une logique politique : permettre le retour à l’ordre, réintégrer les partisans de l’Algérie française et refermer les divisions. Ce choix réduit cependant les possibilités judiciaires offertes aux victimes. À la différence des crimes nazis, dont l’imprescriptibilité est reconnue par la loi française de 1964 dans un cadre défini par Nuremberg, la plupart des violences de la guerre d’Algérie ne peuvent être rejugées sous cette qualification.
La reconnaissance publique de la torture s’est construite lentement. Le travail des historiens, les témoignages d’anciens appelés et de victimes ainsi que plusieurs enquêtes ont progressivement déplacé le débat du cas individuel vers la responsabilité d’un système. Les reconnaissances concernant Maurice Audin en 2018 puis Ali Boumendjel en 2021 donnent une traduction politique à des faits établis par la recherche, sans épuiser pour autant l’ensemble des responsabilités liées aux pratiques de guerre.
