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FICHE 23 / 60

Les pieds-noirs : exil, rapatriement et construction d’une mémoire

Explorer ce thème dans le cours : La guerre d’Algérie : mémoires multiples, histoire conflictuelle

Pour les Européens d’Algérie, l’année 1962 représente une rupture brutale. En quelques mois, environ huit cent mille personnes quittent l’Algérie pour la métropole. Beaucoup y arrivent avec le sentiment d’avoir perdu non seulement des biens, mais un territoire familier, des sociabilités et une appartenance construite sur plusieurs générations. Cette expérience de l’exil devient le noyau d’une mémoire pied-noire durable.

Les pieds-noirs vivent l’indépendance comme l’effondrement d’un monde et un exil. Environ huit cent mille personnes gagnent la métropole en 1962 dans des conditions souvent précipitées. Leur mémoire insiste sur l’attachement à la terre algérienne, les sociabilités méditerranéennes, l’insécurité de la fin de guerre et les difficultés d’accueil en France. Cette mémoire peut minimiser les inégalités de la colonisation ou présenter la présence française principalement comme une œuvre de développement. L’histoire doit intégrer l’expérience de la perte sans reprendre pour autant l’idéalisation du système colonial.