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FICHE 24 / 60

Les harkis : engagement, abandon et reconnaissance tardive

Explorer ce thème dans le cours : La guerre d’Algérie : mémoires multiples, histoire conflictuelle

Les harkis et les autres supplétifs musulmans de l’armée française occupent une place particulièrement douloureuse. Le terme « harki », qui désigne à l’origine une catégorie précise de combattants auxiliaires, est devenu un terme générique. Après le cessez-le-feu, beaucoup sont désarmés et laissés en Algérie malgré les risques ; plusieurs dizaines de milliers gagnent néanmoins la France avec leurs familles. Une partie est installée dans des camps ou hameaux forestiers, dans des conditions d’isolement et de contrôle qui prolongent la marginalisation. En Algérie, la figure du harki est durablement assimilée au traître ; en France, les familles demandent la reconnaissance de l’abandon et des discriminations.

La mémoire des harkis fait l’objet d’une reconnaissance croissante. La loi du 23 février 2005 exprime la reconnaissance de la Nation, mais son article demandant aux programmes scolaires de reconnaître le « rôle positif » de la présence française outre-mer déclenche une forte controverse et est ensuite retiré du domaine réglementaire concerné. L’épisode montre le danger d’une prescription politique imposée à l’histoire. La loi du 23 février 2022 reconnaît, quant à elle, les conditions indignes d’accueil et de vie réservées en France à des harkis, à leurs familles et à d’autres personnes rapatriées, et crée un mécanisme de réparation.